Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre

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Voilà. Je peux écrire calmement cette nuit qu'entre l'ours et moi c'est fini. Peut-être pour toujours, peut-être pour quelques mois. On ne sait ni l'un ni l'autre de quoi demain sera fait mais est-ce bien important. Il est rentré dans sa carapace et moi je renais doucement à la lumière. J'ai beaucoup pleuré lundi. Mon fils est parti vivre à La Réunion. Son premier vrai départ. Les autres n'étaient que des voyages vers un ailleurs qui le ramenait toujours au nid familial. D'un seul coup l'idée de les avoir perdus m'a été insupportable. Les deux hommes de ma vie loin de moi. J'ai pleuré sur ma difficulté à aimer, sur le cordon coupé, sur les bons et mauvais moments. Au milieu de mes larmes, j'ai appellé l'ours au secours. Tout ça a bien du lui faire peur, il a esquivé, me parlant de son incapacité actuelle à aimer, de notre échec et je ne sais plus quoi encore.
Alors j'ai saisi la seule main qu'on m'a tendue ce jour là. Celle du poète. Grand prix de la patience. J'ai calculé que ça fait 5 mois qu'il lit patiemment des mots qui ne veulent pas toujours dire grand chose, sans poser la moindre question ni demander quoique ce soit. Juste proposer un partage de temps à autre. La tension nerveuse retombée, le rosé en terrasse aidant, la nuit lyonnaise et ses lumières sur les berges du Rhône nous ont rapprochés. J'ai osé embrasser d'autres lèvres que celles de l'ours dont je pensais ne jamais me passer et d'un seul coup je me suis sentie à nouveau désirable et j'ai eu envie de me blottir comme une enfant au creux de deux bras et j'ai senti le désir revenir et ... je l'ai écrit à l'ours qui depuis fait la tête. Sa façon à lui d'avoir le dernier mot sans doute. Sa façon de se dire que finalement ça devait se terminer comme ça. Que je n'attendrai pas longtemps pour le remplacer et que toutes les femmes sont pareilles... des sorcières qui vous ensorcellent une nuit d'Halloween et vous transforment en esclave de leur bon vouloir. Il a tellement peur des femmes mon ours.
Cette histoire écrite et réécrite continuera de vivre en nous même si d'autres pages vont se tourner et d'autres lumières s'allumer. Nous continuerons nos chemins seuls ou accompagnés et nous retrouverons bien un jour face à face, comme nos voitures se sont retrouvées l'une à côté de l'autre samedi dernier au bord du lac. La vie n'est qu'un grand hasard qui fait parfois si bien les choses.

Photo personnelle. Etel Eté 2009.


5 murmures:

juillev a dit…

Elle est belle ta photo... Si pleine de Symboles

Marcus a dit…

Evidemment, les berges du Rhône. Là, tout peut arriver. Tu as beau dire, tu as une sacrée soif de vivre, toi.

cathiminie a dit…

eh ben...si j'arrivais à me laisser aller comme toi...mais un ressort ça prend du temps pour le refaire bondissant...je t'admire de pouvoir rebondir ainsi...l'âme des poètes ça donne des ailes surement pour alléger la chute!

Sylvie a dit…

@juillev : les traces dans le sable, les chiens qui s'éparpillent... n'est ce pas ?
@marcus : c'est mon moteur sans doute.
@cath : ce n'était qu'un baiser en fait, l'espace d'un instant, va savoir s'il nous amènera ailleurs...

Trub a dit…

Lapsus sur la date de la photo, ce n'est pas l'été 2009 mais l'été 2008. 0ù serons nous donc l'été prochain ? Pas à Etel en tout cas...

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